ECRIRE POUR ET SUR LE TRAVAIL SOCIAL

Didier DUBASQUE

Que peuvent les travailleurs sociaux face au Coronavirus ?

13 MARS 2020

Ana Radulescu, présidente de la Fédération Internationale du Travail Social (Région Europe) vient de déclarer que les services sociaux ne doivent pas fermer face à la crise liée au coronavirus. Bien évidemment les travailleurs sociaux doivent pouvoir être protégés en utilisant des masques adaptés lors de leurs contacts avec la population. Mais il est, selon elle, nécessaire de rester en lien avec les personnes les plus fragiles car elles  sont les moins susceptibles de se protéger.

Une partie importante de la population vulnérable risque de se retrouver sans soutien et sans les services qui lui sont absolument nécessaires si les lieux d’accueil et d’hébergement ferment. « En temps de crise, les travailleurs sociaux et les services sociaux ne peuvent pas et ne se retireront pas de leur engagement à fournir un soutien » écrit-elle.

Au contraire, une disponibilité auprès des personnes reste une priorité. Si des actions peuvent être sans problème suspendues, « en temps de crise, comme celle-ci, les centres de jour, les centres de réadaptation ou les services d’aide sociale de la communauté doivent fonctionner sur la base d’un plan de sécurité qui vise à changer radicalement la manière dont le soutien est fourni, mais sans son annulation pour la population vulnérable ».

Changer radicalement la façon d’aider

La première aide consiste à bien informer la population fragile susceptible d’être influencée par les fausses informations. Celles ci sont de plusieurs niveaux

  • l’usage des réseaux sociaux peut inviter à acheter des remèdes inefficaces, voire des masques inadaptés à des coûts prohibitifs
  • On peut aussi leur faire croire que les États et Gouvernement manipulent les foules. Certains peuvent penser que les messages de prévention ne servent à rien et sont un leurre.
  • D’autres enfin ont peu accès aux média et l’information de prévention ne leur parvient pas.
  • Les informations diffusées tous les jours en boucle peuvent aussi avoir de forts effets anxiogènes pour les personnes les plus fragiles psychologiquement.  Cela leur provoque un stress supplémentaire qui s’ajoute à ceux qu’ils ont déjà.

Face à la désinformation ou en l’absence d’information, il s’agit de rappeler des évidences en suivant les recommandations nationales liées aux pratiques quotidiennes.

« De plus, à ce stade, il est nécessaire de considérer différentes vulnérabilités« . En effet si à priori nous sommes tous vulnérables, certains le sont plus que d’autres en raison de leur handicap, leur âge, ou même de leur parcours de vie.

Différentes formes d’égoïsmes peuvent aussi se développer en temps de crise, notamment avec la peur de l’autre, celui qui pourrait éventuellement être porteur du virus même si ce n’est pas le cas. Autre difficulté, certaines personnes sont dans le déni et considèrent qu’elles ne risquent rien ou pas grand chose. Elle ne prennent alors aucune mesure de prévention. Il s’agit là aussi de leur rappeler le principe de précaution qui permet d’agir raisonnablement  quand on est dans le doute.

Le deuxième axe de travail consiste à rassurer la personne en lui indiquant que l’on peut chercher avec elle des solutions si un problème particulier se pose. Face à une crise sanitaire, il existe un nombre important d’effets inattendus ou imprévus. Il s’agira alors d’être à l’écoute et de déterminer ce qui est essentiel de ce qui est secondaire voire inutile.

La présidente de l’IFSW Europe rappelle que « Les périodes de crise nécessitent des mesures spécifiques et c’est le moment où nous devons réagir différemment et rapidement au niveau de la communication, du soutien et de l’assistance.

« La protection et l’assistance des personnes vulnérables, mais aussi la protection des travailleurs sociaux / personnel spécialisé / personnel soignant sont des priorités. Les risques peuvent être gérés avec calme et prudence, mais il y a aussi un besoin de flexibilité, de ressources pour respecter les règles de sécurité et de responsabilité au niveau local.

Agir concrètement

Ainsi certaines visites à domicile peuvent être évitées. Un entretien au téléphone peut parfois suffire. Cela permet aussi de mesurer les risques et si un déplacement doit être programmé. Certaines réunions doivent être annulées. Rappelons enfin que l’État peut demander non seulement aux services de santé d’intervenir mais il peut aussi réquisitionner l’ensemble des services publics. Les services sociaux en font partie.

Nous ne sommes pas démunis face aux situations de crise. Nos collègues des CCAS ont par exemple une expérience de ce type d’intervention suite aux mesures d’urgence qu’il leur avaient fallu prendre lors des premières canicules. Je pense aussi à l’action remarquable qui avait été menée par les services sociaux du Département de  Haute Garonne lors de l’explosion de l’usine AZF.

Écouter, expliquer, conseiller, mais aussi accompagner sont des compétences spécifiques pour lesquelles les travailleurs sociaux ont été formés. Leur soutien auprès des plus fragiles reste essentiel. Il s’agit aussi de ne pas l’oublier

Quelques liens pour être bien informé :

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